6 mois de prison avec sursis pour Hanin Zoabi

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Photo by Yonatan Sindel/Flash90

La députée arabe Hanin Zoabi a été condamnée dimanche pour insulte à un fonctionnaire et a reçu une condamnation avec sursis de six mois dans le cadre d’une négociation de plaidoyer.

Zoabi est également condamnée à une amende de 3000 NIS après avoir agressé verbalement des policiers arabes en dehors d’une salle d’audience.

Selon l’accusation, le 6 juillet 2014, Zoabi était présente lors des audiences de prolongation de la détention provisoire, à la Cour du magistrat de Nazareth, pour deux suspects arrêtés dans les émeutes qui ont suivi l’assassinat de Mohammed Abu Khdeir.

Deux enquêteurs de la police arabes, Ehab Haddad et Bushur Amer, étaient à la cour pour représenter la police. Lors d’une pause, les deux se tenaient en dehors de la salle d’audience avec Zoabi. Elle éleva la voix et leur a dit qu’ils étaient des traîtres envoyés pour recueillir des informations et espionner les gens. Zoabi a dit en arabe à ceux présents qu’ils devraient travailler contre la police parce que les deux policiers étaient « des Arabes au service de l’Etat. »

L’acte d’accusation affirme également que Zoabi a exhorté les personnes présentes à cracher au visage des policiers et a dit: « Ils sont contre nos fils et nos filles, ils ne devraient pas être parmi nous. Ils doivent avoir peur de nous, de nos jeunes qui ont été arrêtés à cause de l’information qu’ils ont communiqué.  »

Dans le cadre de l’entente du plaidoyer signé de Zoabi, l’accusation la plus grave d’incitation a été retirée de l’acte d’accusation et la députée a dû présenter ses excuses.

La juge Lili Jung-Goffer a déclaré: «Le fait que l’inculpée ait été bouleversée ne justifie pas un tel déchaînement grave contre des agents de police; il est attendu, en particulier de la part d’un député, de faire preuve de retenue et de prendre ses responsabilités pour des choses qui ont été prononcées de son propre chef. »

Zoabi a déclaré que «cette décision n’est pas nécessaire, l’ensemble de ce procès est inutile. Tu ne vas pas trouver beaucoup de procès contre des députés et des fonctionnaires pour avoir insulté un fonctionnaire de la force publique, il n’y en a pas. Voilà pourquoi cela est de la pure incitation. Je me bats contre l’oppression du régime, nous nous battons contre une politique raciste, nous ne luttons pas contre des personnes, c’est la raison pour laquelle je me suis excusée. Ce sont des agents de police, anonymes, qui mettent en œuvre des politiques. Je n’ai rien contre eux, c’est pourquoi tout cela est inutile ».

Zoabi a fait les gros titres la semaine dernière après qu’elle et ses collègues Jamal Zahalka, et Basel Ghattas, aient rencontré les familles des terroristes. Dimanche, Zoabi a insisté pour que « les corps soient renvoyés aux familles. Peu importe s’il s’agit du corps d’un Juif ou d’un Arabe. »