Soldat de Hébron: « S’il avait eu une ceinture d’explosifs, je serais mort aujourd’hui »

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Photo by POOL Flash9

Le soldat qui a tiré sur le terroriste blessé à Hebron témoigne enfin devant le tribunal militaire et met l’accent sur les décisions réalisées en une «fraction de seconde» sur le terrain.

Un tribunal militaire a entendu pour la première fois le témoignage du soldat qui a abattu un terroriste blessé à Hebron, suscitant une controverse et déclenchant un procès à son encontre pour homicide.

L’avocat de la défense Eyal Baserglick a présenté le témoignage au nom du soldat, qui reste en état d’arrestation à la base en attendant le verdict.

Dans sa déclaration, le soldat, dont l’identité est sous scellée, a réitéré son affirmation selon laquelle il a abattu le terroriste parce qu’il craignait qu’il ait une bombe cachée sous son manteau.

Les procureurs affirment, cependant, que le terroriste ne représentait aucune menace – ayant été abattu et grièvement blessé après avoir poignardé un autre soldat – et que l’accusé lui a tiré dessus simplement pour « confirmer la mise à mort », allant a l’encontre des règles de l’armée.

« Non », a insisté le soldat. « Je ne lui aurais pas tiré dessus (sans raison) – seulement si je sentais une menace réelle. J’ai vu bouger sa main et sa tête – je n’ai pas simplement tiré. »

Dans des images de l’événement qui ont été diffusées – et fortement modifiées – par l’ONG gauchiste B’Tselem, on peut en effet voir le terroriste bouger avant que le soldat ne sorte son arme et tire, le frappant à la tête et le tuant.

Il a évoqué en outre les conditions émotionnelles et psychologiques difficiles dans lesquelles les soldats opèrent et a demandé au tribunal de prendre cela en considération. « Mes mains étaient couvertes du sang de mon camarade blessé, j’étais bouleversé. En une fraction de seconde, j’ai décidé de tirer.

« Vos enquêteurs sont dans un bureau, pas sur le terrain – là, ils peuvent vous tirer dessus ou vous jeter une bombe incendiaire. » « S’il avait eu une ceinture d’explosifs, je serais dans une tombe – pas dans un tribunal », a souligné le soldat, expliquant que ce fut la raison pour laquelle il a tiré sur la tête du terroriste. «Si j’avais tiré sur sa main ou son corps la ceinture explosive aurait pu être activée. » « Son manteau semblait gonflé, comme s’il avait quelque chose en dessous, » a-t-il ajouté, expliquant pourquoi ses soupçons avaient semblé si réels à ce moment-là.

Dans les prochaines heures, le tribunal militaire décidera d’accepter ou non la requête de l’accusation de renvoyer le soldat dans une prison militaire, ou au contraire de rester sous une forme de résidence surveillée dans sa base.

Plus tôt mardi, le procureur avait insisté sur le fait que le témoignage du soldat était peu fiable, et a exhorté le juge de ne pas croire à ses revendications.