Ukraine – Un restaurant devient célèbre pour son « thème » antisémite

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Un restaurant près de la synagogue historique de Lviv a des serveurs avec des fausses peyot qui marchandent les prix. Le propriétaire affirme: «Nous avons étudié l’histoire juive pendant trois mois ».

La synagogue Golden Rose datant de 435 ans à Lviv, en Ukraine, a été ruinée par les nazis en 1943 et reste dans son état détruit comme un témoignage sur les dangers de l’antisémitisme.

Certains, cependant, ne semblent pas avoir compris la leçon. Le restaurant Pid Zolotoju Rozoju ( « A la Rose d’or ») se trouve maintenant à côté de la synagogue et base sa publicité sur les mêmes caricatures antisémites que les nazis.

À première vue, le restaurant non casher semble élégamment décoré avec des affiches yiddish et judaïques, tandis que la télévision montre des images de la communauté juive florissante de la ville avant l’arrivée des nazis. Mais ne vous y méprenez pas. Un journaliste de la Jewish Telegraphic Agency a affirmé avoir été servi par un serveur portant un chapeau noir et de fausses peyot (longues papillotes), qui se présente comme «Moishe», bien qu’il admette rapidement que son vrai nom était Vlodymir.

Les menus ne comprennent pas les prix parce qu’«il est de tradition juive de marchander, » a-t-il expliqué. Les offres comprennent des rognons de lapin  même si « Moishe » insiste sur le fait qu’il n’y a pas de produits porcins, avant d’ajouter qu’il pourrait « s’arranger si le client était prêt à payer plus ».

Alors que Pid Zolotoju Rozoju n’est pas le seul restaurant qui cherche à faire du profit en banalisant la souffrance juive, mais il est le plus célèbre. Le chef ukrainien de l’Union des conseils pour les Juifs de l’ancienne Union soviétique, a expliqué qu’il « flatte et légitimise les attitudes antisémites. »

Le propriétaire, Andriy Khudo, rétorque que la représentation des Juifs est un signe d’affection et de respect. Il affirma à l’AFP qu’il « a étudié l’histoire des Juifs à Lviv pendant trois mois » avant d’ouvrir le restaurant.

« Nous utilisons peut-être des stéréotypes, mais les clients aiment ça, » a-t-il ajouté. « Et les Ukrainiens, aussi, aiment le marchandage. Il n’y a rien d’offensif en cela. »