De la nécessité de souscrire une police d’assurance santé

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santé(Flash90: Yonathan Sindel)

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les Koupot Holim sont loin de couvrir tous nos besoins en matière de santé. Muriel Bitton écrit régulièrement sur ce sujet afin d’attirer l’attention du public francophone sur les conséquences d’une absence de couverture. Et n’allez pas croire que cela ne concerne que des cas exceptionnels car en réalité, nous sommes tous concernés.

 

ASH : Pourquoi avez-vous décidé de faire de l’assurance santé privée un véritable cheval de bataille ?

Muriel Bitton : Tout d’abord parce que les francophones sont très axés assurances lorsqu’il s’agit d’habitation, d’un véhicule ou de mutuelles mais qu’ils n’ont absolument pas le réflexe qui s’impose lorsqu’il s’agit du système de santé privé, très répandu en Israël. Ils sont convaincus qu’en souscrivant aux différents modules proposés par les Koupoth ‘Holim (Mouchlam et Platinium pour la Clalith, Zahav et Chéli pour Maccabi, Adif et Si pour Méou’hédet ou encore Kessef et Zahav pour Léoumit), ils bénéficient d’une couverture optimale, alors qu’il n’en est rien ! La médecine publique israélienne est satisfaisante mais ses moyens sont limités et c’est pourquoi sur les 8,6 millions d’habitants que comptent le pays, 3,5 ont une assurance santé privée.

Ensuite parce qu’il n’existe pas en France un véritable circuit de santé privé ce qui fait que pour les francophones ce monde est un peu nouveau. Les cliniques françaises ont certes de bons chirurgiens mais le  leur équipement est généralement moins performant que celui des hôpitaux publics sauf lorsqu’elles se spécialisent dans un domaine particulier comme l’orthopédie ou la gastroentérologie par exemple. Or, en Israël, dans la majorité des cas, c’est exactement le contraire. Les élites médicales exercent essentiellement dans le privé, notamment en raison des équipements de pointe dont les établissements privés sont pourvus et qui leur permettent d’accomplir des prouesses.

ASH : Une grande majorité des olim de France a tendance à croire que cette couverture supplémentaire n’est nécessaire qu’en cas de maladie très grave (que D. nous en préserve). S’agit-il d’une idée fausse ?

Muriel Bitton : C’est complètement faux !

Le système de santé privé israélien accompagne les assurés tout au long de leur vie et pas seulement dans des moments difficiles. Par exemple, lorsqu’une femme veut consulter le meilleur spécialiste de la fertilité, elle est contrainte de payer de sa poche parce que le choix des spécialistes que les Koupoth ‘Holim propose est plus que limité.

Ou bien encore, s’il s’avère nécessaire d’enlever un grain de beauté par exemple dans le public, bien souvent, ce sont des débutants qui pratiquent ces interventions et les cicatrices sont bien plus importantes que celles d’un praticien chevronné. Lorsqu’il s’agit de santé qui ne préfère pas être entre les mains d’une personne expérimentée ?

Quel que soit l’âge, dans notre quotidien, surtout en Israël où le système médical est très à cheval sur des examens réguliers, il est particulièrement important de pouvoir élargir les possibilités pour ne pas se retrouver le dos au mur le moment venu, face au choix d’un spécialiste par exemple ou des délais d’intervention.
ASH : Concrètement, rencontrez-vous régulièrement des cas de patients qui  se heurtent aux limites du système de santé public et pouvez-vous nous donner des exemples précis ?

Muriel Bitton : Bien sûr, pour la seule période qui a succédé aux fêtes de Pessa’h, nombre de nos assurés nous ont contacté parce qu’ils se heurtaient aux limites du système public.

Par exemple, un homme de 29 ans qui réside à Hertzliya, souffrait d’une hernie inguinale suite à des charges trop lourdes qu’il a portées dans le cadre de son travail. Il a eu mal durant toute la période des fêtes et s’est déplacé plusieurs fois à la Koupath ‘Holim, où il s’est vu rétorquer que son cas n’était pas urgent et qu’il pouvait attendre quelques semaines pour qu’on lui fixe une date d’opération ! Or, il souffrait et ne pouvait plus attendre. Par chance, il avait contracté chez nous une assurance santé privée il y a deux ans et en l’espace de cinq jours, le temps de procéder aux examens sanguins qui s’imposent, il a pu être opéré au Centre médical d’Hertzliya, l’un des meilleurs du pays, par un excellent chirurgien. L’opération s’est très bien passée et à l’heure où je vous parle il est en vacances à Barcelone… Sans une assurance privée, comme son cas ne relevait pas d’un danger immédiat, il aurait continué à souffrir pendant encore plusieurs semaines.

Autre cas, celui d’un homme de 33 ans qui, suite à une chute en moto, souffrait constamment du genou depuis plus d’un an. La Koupath ‘Holim refusait de faire une IRM et seulement autorisé un scanner qui n’avait pas permis de cerner le problème. Après les fêtes de Pessa’h, il nous a contacté et nous l’avons envoyé faire une IRM, sous 48 h, en privé. Les résultats lui ont été transmis en deux jours également et une opération s’est avérée nécessaire… Là encore, il a été opéré en moins d’une semaine et est actuellement en convalescence.

Nous avons aussi le cas d’un autre de nos assurés qui souffrait de douleurs régulières dans le bas du dos depuis déjà un certain temps. Il est allé voir son généraliste qui lui a dit de prendre rendez-vous chez un médecin orthopédiste, mais il  n’y avait pas de place avant un mois et demi… Entre temps ses douleurs se sont accentuées et il y quinze jours, alors qu’il n’avait pas dormi de la nuit, il nous a contacté parce qu’il souhaitait se faire ausculter en urgence en privé. Nous l’avons immédiatement envoyé à l’hôpital Assouta de Tel Aviv, qui contrairement à celui d’Ashdod, est complètement privé. Là ils ont décidé de lui faire des examens poussés sur place, dont une IRM, et ont découvert une tumeur pour laquelle il s’est fait opérer, encore une fois par un des meilleurs spécialistes, dans la semaine qui a suivi.

Lorsqu’il s’agit de notre santé, pour nous, c’est une priorité absolue, alors pourquoi devenir otage d’un système de santé public qui, faute de moyens, en déciderait autrement ?

ASH :   Encouragez-vous  toutes les familles à s’assurer, y compris pour les plus jeunes et les enfants ?

Muriel Bitton : Bien sûr. Et surtout lorsqu’il y a des enfants ; Je veux croire que tout parent sensé est parfaitement conscient de la nécessité ABSOLUE d’une assurance santé privée pour ce qu’il a de plus cher au monde…

Je préfère ne pas évoquer les cas difficiles, parce que D. merci, ils n’arrivent pas tous les jours, mais que fait-on lorsque l’enfant a impérativement besoin d’un traitement qui n’est pas pris en charge par le Ministère de la Santé ? Combien de cas ont été portés à la connaissance du public parce que, faute de moyens, des parents n’ont pas pu financer tel ou tel traitement et qu’ils n’ont pas eu d’autre choix que de lancer des appels aux dons ?

Sans parler de cas extrêmes, les enfants sont particulièrement actifs et susceptibles de se blesser à tout moment, en particulier lorsqu’ils pratiquent un sport. Alors que fait-on quand un sportif en herbe, suite à un match hargneux, s’est blessé méchamment et qu’il doit subir une opération du genou mais que, faute de place, il lui faut attendre des semaines ce qui ne fait qu’aggraver son problème ?

Ou bien encore, pourquoi un enfant devrait-il attendre pour une simple opération des amygdales dont les délais moyens sont actuellement de quatre mois ?

Ce genre de situation arrive très souvent et dans ces cas-là, il est évident que l’on veut le meilleur pour ses enfants.

ASH : Les coûts d’une telle assurance sont-ils élevés et y-a-t-il des cas où l’on ne peut faire l’objet d’une couverture ?

Muriel Bitton : Excellente question ! De manière générale, les montants de l’assurance santé privée sont tout à fait abordables, d’autant plus que dans notre agence nous pratiquons des réductions d’importance.

Mais tout dépend bien sûr de l’âge et du niveau de couverture choisi. En ce qui nous concerne, nous proposons toujours une couverture TOTALE même si, quelquefois, les gens nous disent qu’ils ont pu trouver moins cher ailleurs parce que nous préférons assurer un niveau MAXIMAL pour pouvoir, le moment venu, mettre à disposition de nos assurés tous les moyens nécessaires, de l’IRM, au diagnostic express et bien d’autres options encore.

Pour un enfant, les coûts moyens sont plutôt bas, puisque jusqu’à l’âge de 20 ans, le montant mensuel s’élève à environ 50 shekels pour une couverture maximale.

Ensuite les tarifs augmentent progressivement, en fonction de l’âge, tous les cinq ans, et sont bloqués à l’âge de 70 ans.

Il y a effectivement des cas qui ne peuvent pas être couverts. Lorsqu’une personne, par exemple, souffre de diabète, il n’est pas possible d’assurer ce problème mais elle peut bien sûr être assurée pour tout le reste, y compris et c’est d’ailleurs un paradoxe, pour les complications qui découlent de son diabète…

Dans les cas plus lourds, il faut toujours poser la question parce qu’il est nécessaire d’étudier chaque cas avec attention. Toutes les compagnies d’assurance emploient des médecins spécialisés de manière à étudier chaque dossier.

Dans cette profession, nous sommes tous les jours à quel point il est absolument IMPERATIF pour chacun d’entre nous de souscrire  une assurance santé privée. Ce qui est terrible, c’est de constater plus d’une fois que les gens ne lésinent pas à contracter une assurance tous risques pour leur véhicule ou à souscrire toutes les clauses dans le cadre d’une assurance habitation, mais lorsqu’il s’agit de LEUR santé, ils n’arrivent pas toujours à comprendre le danger auquel ils s’exposent…

Comme il est écrit dans la prière Le’ha Dodi que nous lisons chaque veille de Chabath, « Sof maasé béma’hchava t’hila« , que l’on peut plus ou moins traduire en français par « Les conséquences sont directement causées par la réflexion du départ »…

MURIEL BITTONPour plus de renseignements, n’hésitez pas à me contacter au 054-3070916.