Bien comprendre le système de la retraite en Israël

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Suite à mes différents posts sur Facebook concernant la retraite, de très nombreuses questions m’ont été posées. Je me suis aperçue que les olim francophones ne connaissaient pas le système de retraite israélien et qu’il était donc nécessaire de leur fournir des explications détaillées.

Tout d’abord, avant d’aller plus loin, il faut bien comprendre qu’en Israël,le rôle des
compagnies d’assurance dans la société est prépondérant, bien plus que celui d’une
banque par exemple, et c’est la raison pour laquelle d’ailleurs les compagnies d’assurance israéliennes sont si bien cotées pour leur solidité financière au niveau international.
Une des raisons au rôle de premier plan que jouent ces compagnies d’assurance est
qu’elles compensent, moyennant finances, la défaillance des institutions nationales
israéliennes en matière de prestations sociales et les déficiences du système de santé
publique.
En effet, tout se fait par leur intermédiaire, que ce soit un plan d’épargne (beaucoup plus rémunérateur que dans une banque), la souscription à une couverture santé de
qualité, les assurances invalidité ou de garantie de revenus en cas de maladie ou d’accident, et bien sûr, les retraites.
En Israël, contrairement notamment à ce qui existe en France, les cotisations retraite des salariés ou des personnes exerçant des professions libérales ne sont absolument
pas réparties sur l’ensemble de la population mais sont directement versées sur un compte personnel auprès d’une compagnie d’assurance. Ceci signifie que chaque montant versé sur le compte du salarié ou du travailleur indépendant constitue une véritable cagnotte qui leur permettra, une fois arrivés à l’âge de la retraite, 64 ans pour les femmes et 67 pour les hommes, de percevoir une indemnité mensuelle qui leur sera versée à vie, et qui, en cas de décès, sera transférée chaque mois à leurs héritiers légaux sur une durée de 20 ans qui débute à la date du départ en retraite du défunt.
Pour les salariés                                                                                                     Depuis 2008, la législation exige que six mois après leur embauche pour ceux qui n’ont
jamais eu de compte retraite auparavant, ou trois mois pour les autres, l’employeur
verse 18,5 % du salaire brut sur leur compte retraite. Ce pourcentage est composé de deux parties : 12,5 % pour la retraite (6,5 % du salaire brut versés par l’employeur + 6 % à la charge du salarié et déduit de son net) + 6 % d’indemnités de départ (qu’il s’agisse d’un licenciement ou d’une démission) payées également par l’employeur.
En cas de départ du salarié, c’est donc la compagnie d’assurance qui sera chargée de payer les indemnités, soit un mois de salaire par an.
Mais encore faut-il que l’employeur fasse le nécessaire, c’est-à-dire que d’une part il ouvre un compte retraite au salarié et qu’ensuite il verse régulièrement les cotisations
auprès de la compagnie d’assurance… Et c’est sur ces deux points que le bât blesse…
Comme je l’ai écrit plus haut, j’ai reçu plus d’une centaine d’appels en deux jours suite à des posts que j’ai écrits sur Facebook et dans lesquels j’ai attiré l’attention des salariés pour vérifier si leur employeur versait bien de l’argent sur leur compte retraite.

Le premier constat qui s’est très vite imposé, c’est que sur cette centaine de salariés qui m’ont téléphoné, après vérification, il s’est avéré que seuls deux d’entre eux avaient un compte retraite réellement ouvert alors même que pour la plupart d’entre eux, la déduction de la part salariale apparaissait bien sur leur bulletin de paye, ce qui réduit d’autant la somme que l’employeur verse réellement à son salarié !!! Et même sur les deux salariés qui avaient un compte retraite existant, l’employeur de l’un
d’entre eux n’effectue pas régulièrement les versements…

Comment le salarié peut-il vérifier s’il a un compte et si les sommes sont bien
versées ?
Tout d’abord, il faut savoir que SEUL un assureur qui est titulaire d’un permis d’assurance VIE,c’est à- dire pour tout ce qui concerne les retraites, la santé, l’épargne et les prêts immobiliers notamment, délivré par le Ministère des Finances peut ouvrir un compte retraite à un salarié.
Jusqu’en 2016, le salarié n’avait pas la possibilité de choisir son assureur et était obligé d’ouvrir son compte retraite par le biais de l’assureur de son employeur. Résultat, lorsque ce dernier n’effectuait pas régulièrement les versements sur le compte du salarié, l’assureur se gardait bien de prévenir le salarié pour ne pas nuire à sa relation
avec l’employeur et aux différentes assurances que celui- ci avait souscrit chez lui.
Aujourd’hui, le salarié peut choisir l’assureur avec qui il souhaite travailler à condition bien sûr qu’il ait un permis d’exercer en matière d’assurance vie.Un assureur qui s’occupe d’assurance auto et habitation, par exemple, n’est pas forcément habilité à faire une assurance retraite mais surtout, le plus souvent, est bien moins expérimenté
qu’un assureur dont l’assurance vie est son activité principale.
Donc le premier point qui peut interpeler le salarié quant à l’ouverture de son compte retraite est de savoir s’il a rencontré, ou non, un assureur spécialisé dans ce domaine
puisque les sommes déposées vont être systématiquement investies par les compagnies d’assurance dans différents projets (à l’instar des fameux fonds de pension
américains) et que pour se faire, le salarié doit préciser s’il préfère un circuit plutôt « pépère », c’est-à-dire avec une rémunération d’environ 4 % par an en moyenne, ou alors, plus dynamique avec des taux de rentabilité beaucoup plus élevés mais des investissements plus risqués. C’est pourquoi il est impératif d’expliquer au salarié, dans sa langue maternelle, tous les tenants et les aboutissants du contrat de retraite qu’il s’apprête à signer.En ce qui nous concerne, mon mari qui est assureur depuis 25 ans, ouvre très souvent un compte retraite avec un circuit « Cacher LaMéhadrin », ce qui signifie que tous les investissements effectués avec les sommes versées sont conformes aux exigences de la Hala’ha et généralement plus sûrs.
Dans un second temps, il est impératif pour le courtier qui assure le salarié de vérifier chaque mois si les versements ont bien été effectués par l’employeur sur le compte du
salarié, d’où l’importance d’avoir un assureur honnête et sérieux pour pourvoir aviser à temps le salarié en cas de problème.
Quoi qu’il en soit, chaque année, aux alentours du mois d’avril, les compagnies d’assurance envoient directement un relevé sur lequel figure les versements effectués sur le compte retraite à chacun de leurs assurés.
En cas de départ du salarié de l’entreprise dans laquelle il travaille, que ce soit dû à un licenciement ou à une démission, il touchera donc, comme expliqué plus haut, de la part de la compagnie d’assurance, le montant des indemnités auxquelles il a droit, soit un mois de salaire pour chaque année travaillée, et ce sans déduction d’impôts.
Par contre, il ne pourra pas percevoir les sommes versées pour la partie retraite parce que l’Etat craint qu’il ne se retrouve dans une situation de précarité le moment venu.
Malgré tout, si vraiment le salarié souhaite récupérer l’ensemble des montants versés, il se verra contraint de déduire 35 % de la somme retraite qui ira aux impôts (!!!), histoire, pour le législateur, de dissuader les personnes de retirer leur pécule retraite.

Pour les travailleurs indépendants
Pour les professions libérales, commerçants ou artisans âgés de 21 à 55 ans, depuis le 1er janvier de cette année, les cotisations retraite sont devenues obligatoires sous peine de pénalités fiscales lourdes… La raison de cette loi est toujours la même, l’Etat souhaite à tout prix éviter aux personnes arrivées à l’âge de la retraite de sombrer dans la pauvreté.
Effectivement, l’indemnité de « vieillesse » versée par le Bitoua’hLéoumi lorsque quelqu’un arrête son activité parce qu’il est arrivé à l’âge de la retraite (64 ans pour les
femmes et 67 pour les hommes) est si dérisoire, 2.300 shekels par mois à ce jour, que nombre de personnes n’ont subitement plus la possibilité de vivre décemment et sont
contraintes, si leur état de santé le permet encore, de travailler dans des petits boulots comme chauffeur, agent de sécurité ou caissière, pour survivre…
C’est justement pour éviter de telles situations, socialement dramatiques, que la Knesset a voté une loi l’année dernière qui oblige les travailleurs indépendants à cotiser eux aussi pour leur retraite. Il faut reconnaître que jusque là, acculés par les taxes en tout genre, ils étaient peu enclins à verser, en plus, des sommes pour leur retraite…
Comme pour les salariés, l’argent qu’ils vont verser sur leur compte retraite, conformément au circuit qu’ils auront choisi,leur sera versé mensuellement une fois arrivés à la retraite. En cas d’impossibilité physique à continuer d’exercer leur activité, c’est la compagnie d’assurance qui sera chargée de payer pour eux leurs cotisations jusqu’à l’âge légal du départ en retraite, bien qu’ils ne soient plus en mesure de les payer.
Pour les travailleurs indépendants, le montant des cotisations minimum obligatoires se répartit en trois groupes.
Pour une personne qui déclare aux Impôts la moitié du salaire moyen israélien qui est de 9.673 shekels, soit 4.836 shekels, elle devra cotiser 4,45 %, c’est-à-dire un minimum
de 210 shekels par mois.
Pour celles qui perçoivent un revenu plus élevé, elles devront s’acquitter à hauteur de 12,5 % de leur revenu, c’està- dire par exemple pour une personne qui touche 7.000
shekels, jusqu’à 4.835 shekels, le taux est de 4,45 % et sur les 2.165 shekels restants, 12,5 %. Enfin, pour celles qui perçoivent plus de 9.673 shekels, la cotisation minimum est de 825 shekels et plus, SEULEMENT si elles le désirent.
Toutefois, comme l’ensemble de ces sommes sont déductibles du revenu fiscal, de nombreux travailleurs indépendants cotisent beaucoup plus que les montants minimum
prévus par la loi puisque d’une part, cela leur permet de payer moins d’impôts, mais d’autre part, de se constituer une retraite plus confortable avec des sommes plus importantes qui leur seront versées le moment venu.
Là encore bien sûr, seul un assureur habilité par le Ministère des Finances, peut leur ouvrir un compte retraite.
Quelle que soit votre situation, salarié(e) ou indépendant( e), il est impératif de faire appel à un assureur expérimenté, qui soit professionnel et rigoureux pour être sûr
de faire les bons choix quant au circuit financier choisi et de bénéficier d’un suivi de qualité.
N’hésitez pas à me contacter au 054-3070916.

MURIEL BITTON                                                          Muriel Bitton

mbn assurances